« Lors de ma visite à Decazeville, j'ai appris que les mineurs, pour beaucoup d'origines étrangères, se sont inventé un langage commun, une "lenga nòstra" issue principalement du patois local (occitan), mais aussi d'espagnol, d'italien, de polonais, ainsi que de signes gestuels. J'ai alors pensé au mythe de la Tour de Babel, mais à l'inverse. Au lieu d'une intervention divine pour brouiller l'unique langue parlée par les hommes, créant la confusion et l'incompréhension entre eux afin de les empêcher de finir de bâtir leur tour fièrement dressée vers le ciel, ici, ce sont les hommes, venus de toute part, qui s'inventent une langue commune pour travailler ensemble.
Et lorsque j'ai découvert la découverte (mine à ciel ouvert), j'ai été frappé de la similitude de celle-ci avec les représentations de la Tour de Babel, mais encore une fois à l'inverse, comme face à la contreforme de celle-ci. Au lieu d'une immense tour ronde en paliers concentriques pointée vers le Ciel, nous sommes face à un immense trou en escalier pointant le centre de la Terre…
Ce fut là le point de départ des Babils de Babel, un poème où il est question de sons, de langage, de mythologie, de pouvoir, du renversement des points de vue et du commun des hommes. »

— Arno Fabre, 2017

Arno Fabre , Les babils de Babel, ou Du retournement des choses, 2017
David Huguenin

Musée du Patrimoine Industriel et Minier à Decazeville

Créée en 1997, l’ASPIBD (Association de Sauvegarde du Patrimoine Industriel du Bassin de Decazeville Aubin) est née de la volonté d’un petit groupe d’anciens mineurs, sidérurgistes et zingueurs.  Le bassin de Decazeville a en effet la chance et l’opportunité de pouvoir s’appuyer sur la mémoire de trois industries principales : le charbon, l’acier et le zinc.

Aménagé par des bénévoles, le Musée du Patrimoine Industriel et Minier dispose de deux halls d’expositions où sont présentés des machines et objets miniers, métallurgiques et sidérurgiques avec deux galeries de mine.

L’ASPIBD a plusieurs objectifs : gérer et sauvegarder le patrimoine industriel du bassin de Decazeville, éditer des ouvrages historiques et sensibiliser le public à la richesse de ce patrimoine. Elle entend s’appuyer sur le passé pour aider à construire le futur en soutenant un lieu touristique et culturel et souhaite ainsi participer au renouveau du bassin.

Arno Fabre

Arno Fabre est né en 1970 dans le Limousin. Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière (1990) et du Fresnoy - studio national des arts contemporains (2003). Aujourd'hui, il vit à Toulouse et réalise des œuvres qu'il expose de par le monde (Berlin, Montréal, Shanghai, St Petersbourg, Zagreb...).

Avec ses créations, Arno Fabre explore des champs très divers, en étant attentif à nos origines, au monde que nous créons, à notre rapport au sauvage, à la construction des paysages, aux textes qui nous gouvernent. À l'image de ses préoccupations, ses œuvres sont protéiformes. De grandes installations sonores côtoient des projets plus confidentiels, plus intimistes, des œuvres monumentales pour l'extérieur rencontrent des performances sonores pour la salle de concert, des installations technologiquement complexes dialoguent avec des textes simplement écrits au mur. Et de fait, ses œuvres sont présentées autant dans des centres d'art que dans des festivals de musiques contemporaines, de marionnettes, d'art électronique ou de créations éphémères dans la nature.

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